C'est une nouvelle année.
Ce n'est pas un nouveau départ, non, c'est un départ tout court.


# Posté le mardi 01 septembre 2009 17:31



Tranchée d'amour qui se creuse dans le coeur, muraille d'absence qui se dresse devant moi. Des milliers de kilomètres depuis des mois, mais tu n'es loin que depuis hier. J'ai perdu ma langue mais mes maux sont toujours là. Je regarde les traces de tes pas s'évanouir, recouverts par les intempéries ; pourtant, tes empreintes n'ont jamais été si marquées sur mon ame. Endolorie, tes jamais plus résonnent sans répit et ne tarderont pas de me briser. J'ai fais tomber les armes, j'ai fait tomber les larmes. Il faut taire les sanglots, se mordre les lèvres et s'essuyer les yeux, mais au matin, la réalité est toujours aussi vive et me sort par les yeux. Je suis vaine, tu comprends ? Essaye de comprendre. Vide et inconsistante ; tu me construisais, tu étais devenu un tout. On n'est plus rien sans ses rêves. Je chancelle, funambule raté. Promets-moi encore, je t'en prie, laisse-moi nous croire une nouvelle fois quand on se dit que l'on ne partira jamais, laisse-moi m'abandonner tout entière à tes mots, me perdre dans ta douceur, me perdre et te retrouver. Je n'ai rien d'autre que des mots pour te retenir, je croyais que ça te suffirait, c'etait absurde et j'avais tord mais ça, je ne le savais pas encore, peut etre parce qu'il fallait que j'en apprenne un peu plus sur la vie. J'ai chuté. Certaines réalités paraissent si absurdes. Et on cherche les mots et on ne trouve rien d'autre que les larmes, l'incompréhension et le remords du moindre geste, du moindre mot qui aurait pu changer les choses, estomper les certitudes, entraîner la bifurcation des idées. On a laissé tomber un Homme, et c'est l'hécatombe sur la Terre. Le monde ne tourne plus très rond mais continue à tourner quand même - et, au final, c'est peut-être bien ça le pire. Et puisque c'est comme ça, que les ballons s'envolent, que les portes se claquent, que les maisons se vident. Et que les gens s'en vont. Souvent j'ai cru tout savoir, mais la dessous tout disparaissait aussitôt ; sous l'incertitude de mes mots, il n'y avait alors plus que du vide. Mirage évanoui, malaise des sentiments. Vérité violemment étouffée par la réalité. Tu n'étais pas virtuel, simplement impossible et je cherchais à vivre des choses qui n'auraient jamais lieu. Je nous ai fabriqué des mondes où tout était permis, des mondes de sourires sans murs et sans distances où l'on n'abolit pas les rêves. Des mondes de papier, si faciles à froisser. Et j'ai peur de l'absence qui s'éternise, tu ne sais pas comment, tu ne sais pas combien, j'ai peur des jours incertains, dangereux comme une descente en rappel.

# Posté le mardi 01 septembre 2009 17:26



L'autre nuit, j'ai fais un rêve.

« Tout me revient en plein visage. Ça fait même un « BAM » dans mon esprit. Je n'entends plus rien, mis à part ma respiration haletante. Ma vue est troublée. Ma gorge nouée. Mon estomac saccagé. L'impression étrange que plus jamais un autre sentiment ne me hantera comme cette tristesse. J'ai froid. Des sueurs brûlantes dégoulinent pourtant dans mon dos. Mes muscles sont courbaturés. Ils refusent tout mouvement. Des centaines de larmes s'agglutinent dans mes yeux pour enfin recouvrir mes joues. Mon maquillage coule. J'ai simplement l'impression que l'on m'a ôté le c½ur ; Bouché les poumons et coupé les cordes vocales. Mes mains tremblent. Tout mon corps est parcouru de frissons saccadés. Le temps s'est arrêté. Big Ben ne sonnera plus. L'extérieur reste gris. La pluie s'est figée au ciel. Le soleil ne se montre plus. Ils me l'ont soudoyé.
Et là tout me revient en boucle. Trente-six images à la seconde. Son rire. Ses éternuements agaçants. Sa fragilité cachée. Ses paroles. Sa stupidité. Son visage. Elle. Tout son être. Son âme. On me l'a enlevée. On me l'a enlevée. Seuls ces mots dépassent mes lèvres encore recouvertes du rouge à lèvre qu'elle m'avait prêté. Plus rien n'a de sens. Que les oiseaux cessent de voler. Que les marrées cessent de monter. Que les violons cessent de chanter. Que les mineurs cessent de creuser. Que les hypocrites cessent de pleurer. Que les étoiles cessent de briller. Que la terre cesse de tourner. Que les pochtrons cessent de boire. Que les téléphones cessent de sonner. Que les guitares cessent de vibrer. Que les clopes cessent d'être consommées. Que le Pape arrête enfin de prier. Et que seul le tambour, de notre machine à laver, Boulevard Brune, ne cesse à jamais de tourner. Tourner et tourner encore. Il faut qu'elle y réapparaisse, qu'elle me revienne. Comme dans un de ces tours de magie usurpateur qui surprend tout le monde. M. est morte que tout s'arrête. »

C'est bien connu. Notre vie nous paraît toujours plus ou moins différente de celle des autres. Plus ou moins extraordinaire aussi. Et bien, la mienne l'est. Extraordinaire. Oui, c'est bien le mot. Je sais. Je suis peut-être moins grande. Moins intelligente. Moins jolie. Moins riche. Moins intéressante. Moins douée ou talentueuse. Peut-être même, finalement, moins tout que d'autres personnes. Je sais tout ça. Mais je suis heureuse avec tous ces moins. Parce que pour finir elle a fait de moi ce que je suis. Et puis, bien sur, il y a des plus aussi dans ma vie. Ces petites choses qui me font sourire au quotidien. A vrai dire, elles sont nombreuses. Très nombreuses. Mais lorsque je pars un week end comme ça. Un peu à l'aveuglette. A l'instinct. Vers Cress. Elle est là. Elle m'apprend tellement de choses. Tellement, que j'ai l'impression qu'elle fait de moi quelqu'un de meilleur chaque jour qui passe. Elle me construit. Avec elle je suis à la fois Grande. Intelligente. Jolie. Riche. Intéressante. Douée. Et talentueuse. Je deviens quelqu'un de bien, juste en pensant que je suis une partie d'elle, ne serait-ce qu'un petit peu. Une minute. Un instant. Une vie. Parce qu'elle a toujours fait son possible pour je m'épanouisse au mieux. Et que grâce à elle je n'ai pour l'instant aucun regret. Seulement des milliers de bons moments en tête. Et quelques mauvais qui m'ont construit. Enfin, je peux affirmer que je suis Épanouie. Heureuse. Entre autre parce qu'elle est là.


# Posté le jeudi 27 août 2009 16:16


Les sentiments étaient l'encre de mes mots. Aujourd'hui je cours après les sentiments mais je fuis les mots, je fuis leur puissance, la vérité irrévocable qu'ils dégagent.

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# Posté le dimanche 23 août 2009 16:59




Osez me dire que vous n'avez jamais eu peur s'il vous plait.

Je ne sais pas comment je pourrais le mieux décrire ce maux qui ronge la planète. Peut-être par une image qui m'a toujours particulièrement marqué. Comme lorsque vous nagez sur le dos. Que vos yeux sont aspirés par vos lunettes de plongé, alors que votre regard ne fixe que le plafond et lui seul. Que vos mouvements sont saccadés. Vos muscles courbaturés. Que vos oreilles sont enfoncées dans l'eau. Que votre respiration est haletante. Et que vous n'entendez qu'elle. Seulement elle. Plus vous progressez, plus la buée envahie vos magnifiques lunettes. Votre visibilité se floue. Et vous pensez à n'importe quoi. Cette sensation angoissante. Effrayante. Que tout s'arrête doucement. Alors vous fermez les yeux. Comme le ferait un enfant, la nuit, devant le monstre imaginaire sortant de son placard. Oui, vous fermez les yeux. Avec toujours cette respiration qui vous captive. Qui vous obsède. Vous frissonnez. Pour enfin, heurter brutalement quelque chose par le sommet de votre crâne. Vous perdez l'équilibre, qui vous servit pendant une longueur. Vous vous engouffrez dans l'immensité aqueuse. Croyant que tout est fini. Que tout est perdu. Ceci bien avant que vos genoux ne touchent le fond de la piscine et ne vous fassent comprendre que c'est sur son bord que vous vous êtes cogné. Vous remontez, enfin, avec ce sentiment d'avoir fait une chute, où, vous auriez pu tout perdre...
En vous citant ceci, je sais très bien que je ne parlerais pas du cas de la majorité. Et pourtant, j'ai toujours eu le sentiment que la peur. La crainte. Bien plus que la haine, la colère ou même la joie. Arrivait à faire de nous de toutes autres personnes. A nous faire renoncer à toute conviction. Dans le but simple et vicieux, de faire trembler nos membres et de clore nos yeux. Car soyons honnêtes. Que l'on soit de tout âge. De toute provenance. De toute culture. Face à elle nous ne savons que nous recroqueviller et fermer les yeux le plus fort possible en essayant d'attendre que tout s'accélère. Comme si elle était visible. Comme si nous n'y pouvions rien.


Osez me dire que vous n'avez jamais eu peur. Que j'essaie d'y croire.


# Posté le dimanche 02 août 2009 07:35

Modifié le vendredi 21 août 2009 15:22